Six mois pour atteindre le Nord-Est de l’Inde, deux jours pour rentrer...
Je suis arrivé en express à Montcet, pour être auprès de ma famille (un problème de santé nous plongeant dans l’inquiétude).
Les derniers résultats d’analyses se veulent rassurants... Je vais pouvoir savourer ces derniers mois, classer mes photos, et préparer les rencontres avec les élèves français. Je ferai sans doute une présentation pour le grand public.
Je déborde déjà de projets, de rencontres à venir... et de recherche pour trouver une conclusion.
La fin d’une aventure…
Les nouvelles venant de France me contraignent à rentrer au plus vite. Je vous l’annonce comme la nouvelle m’est parvenue.
Wangchuck m’a aidé précieusement à organiser mon retour, et parallèlement à expédier mon vélo.
Je tiens à m’excuser auprès de vous pour cette fin brutale, pour les différents projets en cours et pour cette décision sans préavis.
Il y aura sans doute une suite à cette aventure... Mais pour l’heure la famille prime.
J’adresse de grands remerciements à tous ceux qui m’ont permis de vivre ce voyage, ceux qui ont cru en moi (ou qui l’ont bien fait croire),et ceux qui m’ont envoyé des signes d’amitié (ou plus) et d’encouragements.
Julien
Andrew est parti tôt ce matin pour s’envoler vers Singapour.
Quant à moi, je me mets de bonne heure en quête d’un grand carton pour emballer mes roues. Elles partiront par la Poste, alors que le cadre s’envolera avec une compagnie privée. Meilleure solution financière.
Je descends par les petites rues animées, m’arrêtant chez les vendeurs d’électroménager, de télés, de chaussures, de vêtements… je collectionne les échecs. Je me rends à la Poste, sait-on jamais ?, mais le préposé aux envois des gros colis n’est pas là. « Il arrive dans 10 min. », m’assure t’on. Vingt minutes plus tard, je rentre bredouille chez Wangchuck et Doinka. Le postier n’est pas là. Le carton est une denrée rare ici, et les grands spécimens n’existent pas. Il me faudra faire autrement…
Wangchuck m’aide à découper et à scotcher un carton sur mesure.
Le résultat est probant ! Je vais pouvoir le poster. Nous descendons le cartons à la Poste où « M. Colis » est toujours aux abonnés disparus. Mais ses collègues prennent la relève et nous assurent que mon paquet est trop volumineux pour être envoyé… Il n’est plus question de taille réglementaire, mais d’estimation à l’œil. Aucun recours possible, nous ramenons mes roues à l’appartement.
Après le déjeuner bien appréciable, concocté par Doinka, nous étudions les différentes possibilités qui s’offrent à moi (réparer le vélo à Katmandou, l‘envoyer par une compagnie privée ou faire des plus petits cartons pour la poste).
Après un coup de fil, Wangchuck me conduit jusqu’à une petite agence de transports où le prix au kilo est négociable. Nous négocions et chaque parti est satisfait. Mon vélo partira d’une seule pièce et à un prix intéressant…
Quelle aventure !
Le soleil est revenu après plusieurs jours de discrétion. J’en profite pour flâner dans les rues de la ville et atteindre la place de Chowrasta. Les gens occupent les bancs qui font face aux boutiques. Je m’assois sur une bordure et observe le spectacle. Des poneys font des tours de place, promenant des enfants sur leur dos. Aucune sécurité : ni bombe, ni harnais, mais la plus grande simplicité et le sourire des enfants. Quelques pigeons mangent les graines que leur jettent des passants. Un vendeur de thé arpente les lieux, ses verres suspendus sous une cloche.
La lumière du jour baisse. Je reprends ma promenade. La vue sur les environs est vertigineuse, les plantations mènent au fond de vallée, des centaines de mètres en contrebas. Au dessus de moi, des singes virevoltent de branche en branche et des panneaux appellent à notre vigilance (« surveiller vos biens ! »)… J’arrive jusqu’à l’église de St Andrew. Son portail est ouvert, mais des barbelés ne facilitent pas l’accès. Je m’introduis dans l’enceinte et découvre avec surprise une petite maison à l’arrière de l’édifice. Deux hommes discutent. Je me risque à demander s’il est possible de visiter l’église, et nullement surpris par ma présence on s’en va chercher la clé.
L’église fut construite il y a 167 ans, et est très bien conservée. Sa toiture est en bois, ses murs sont très austères, et quelques vitraux sont cassés. Le lieu dégage une ambiance mystique. Après la petite visite inattendue, j’emprunte un sentier qui me conduit à Chowrasta. Il domine des courts de tennis qui bordent l’église… les vitraux cassés !
Je rentre avant la nuit à l’appartement. Ce soir je remballe mon vélo pour la dernière fois !
Je cours de la Poste à First Flight Courier pour trouver le moyen d’expédier mon vélo au meilleur tarif. Mes recherches sont une véritable expédition. D’un côté on me dit que la taille maximale du colis est d’1x1 m, de l’autre, on me présente des tarifs dépassant l’entendement. Attente, négociations, attente. Je laisse mijoter le problème. A mon retour à l’appartement, je rate de peu Andrew, parti me chercher. Nous parlions de prendre le déjeuner dans un restaurant à la cuisine « sud-indienne ». C’est tout ce dont j’ai retenu du lieu. Cela ne suffit pas à retrouver mon ami américain. Je mange dans un restau où la cuisine est aussi bonne que le service est long… Je me suis régalé.
L’après-midi est déjà bien entamée, si bien que j’oublie l’idée de visiter le « Refugees Center », quartier où vivent et travaillent des Tibétains (artisanat et historique de leur lutte). Je prends le chemin de chez Wangchuck. J’opte finalement pour un peu de repos. Andrew est revenu. Il nous joue un peu de guitare (il vient de sortir son premier album : « City Island »). Puis je ressors pour me rendre au cybercafé voisin.
L’alimentation électrique est si faible que la ligne saute toutes les 5 min. pour finalement s’arrêter complètement. Cela ne trouble nullement la vie à Darjeeling. Les bougies fleurissent et tout continue. Il faudra juste repasser plus tard pour Internet.
Le réveil achève notre nuit. Enroulés dans nos couvertures, les chips sur la table, les œufs brouillés, les toasts poêlés, et les bières décapsulés, nous sommes fin-prêts pour le match opposant les « Saints » de New-Orleans et les « Colts » d’Indianapolis. L’électricité est là… mais notre chaine américaine de sports retransmet… de la gymnastique.
Finalement un petit zapping et un cours de français pour Andrew, et la matinée est fraichement lancée. Mon élève d’un jour se sauve attraper le « Toy train », le mini-train tiré par une locomotive à vapeur. Il va visiter les environs que je connais déjà.
De mon côté, je pars à la recherche de cartons pour emballer mon vélo. Il repart en France si la Poste l’accepte. La liste des pépins est trop longue pour poursuivre sereinement. D’ailleurs je ne me rappelle pas avoir vu un seul vélo à Darjeeling, et on ne connait pas de magasin spécialisé ici. Il a bien roulé jusque là, je le remplacerai par un sac à dos.
La première étape accomplie, Wangchuck m’aide à le démonter pour le glisser dans les cartons. Cela nous occupe toute la fin de matinée. Ensuite, j’achète mon sac à dos. Il est grand et fonctionnel… mais lorsque je le charge, les 80 litres suffisent à peine. En route, me connaissant je perdrai certainement quelques affaires. Ca devrait donc s’arranger.
Par contre, il me faut attendre jeudi pour savoir si la Poste de Darjeeling expédiera mon vélo en France. Sinon, je reverrais mes plans…